Moins de produits, c'est mieux
Devant un rayon entier consacré aux bébés, on a vite l'impression qu'il faut tout acheter : gel lavant, shampooing, lait de toilette, crème visage, crème corps, eau nettoyante, lingettes, huile de massage, crème de change… En réalité, la peau d'un nourrisson se porte mieux avec peu de choses. Chaque produit apporte une vingtaine d'ingrédients, et plus on en applique, plus on multiplie les risques d'irritation ou d'allergie, sur une peau qui laisse passer plus facilement ce qu'on y dépose.
Pour la plupart des bébés, un produit lavant doux pour le corps et les cheveux, une crème pour le siège et, si la peau est sèche, une crème hydratante simple suffisent largement. Le reste est facultatif.
Parfums et huiles essentielles
Les parfums sont l'une des premières causes d'allergie aux cosmétiques. Un bébé n'a aucun besoin de sentir la fleur d'oranger, et un produit sans parfum est toujours un meilleur choix. Méfiez-vous de la mention « parfum hypoallergénique » : elle rassure, mais elle ne garantit rien.
Les huiles essentielles demandent encore plus de prudence. Ce sont des concentrés de molécules actives, et certaines peuvent être dangereuses pour les nourrissons et les jeunes enfants, par voie cutanée comme en inhalation, avec des risques allant de l'irritation aux convulsions pour certaines d'entre elles. Elles n'ont pas leur place dans les soins d'un bébé, et l'on vérifie aussi leur présence dans les produits « naturels » ou « apaisants » qui en contiennent parfois sans l'annoncer en grand.
Les conservateurs, sans panique
Un produit qui contient de l'eau a besoin d'un conservateur, faute de quoi il se contamine en quelques jours. Certains conservateurs font débat, et il vaut mieux savoir de quoi il retourne.
Les parabènes ont mauvaise réputation, mais ils ne se valent pas tous. Plusieurs d'entre eux ont été interdits dans les cosmétiques en Europe, d'autres sont autorisés avec des limites, et certains sont interdits dans les produits non rincés destinés au siège des enfants de moins de trois ans. Le phénoxyéthanol, qui les a souvent remplacés, a lui aussi fait l'objet de discussions. L'ANSM avait recommandé de ne pas l'utiliser dans les produits destinés au siège des moins de trois ans, recommandation qui n'est plus en vigueur depuis une décision du Conseil d'État en 2019. La réglementation européenne autorise ce conservateur jusqu'à 1 %. Beaucoup de parents préfèrent, par précaution, des produits pour le siège et des lingettes qui n'en contiennent pas, et c'est un choix raisonnable.
La méthylisothiazolinone, enfin, a provoqué tant d'allergies qu'elle a été interdite dans les produits non rincés et fortement limitée ailleurs. On la trouve encore dans certains produits ménagers ; si votre enfant fait un eczéma inexpliqué, pensez-y.
« Naturel » ne veut pas dire « sans risque »
Les labels bio et naturels garantissent des choses réelles : l'origine des ingrédients, le mode de culture, l'absence de certaines substances de synthèse. Ils ne garantissent pas la tolérance. Les extraits de plantes, les huiles essentielles, la propolis ou certaines huiles végétales peuvent eux aussi provoquer des allergies, parfois plus souvent que des ingrédients de synthèse bien connus. Un produit bio parfumé aux huiles essentielles n'est pas plus adapté à un bébé qu'un produit classique sans parfum. Pour un nourrisson, la courte liste d'ingrédients compte plus que l'étiquette verte.
Lire les étiquettes
La liste des ingrédients, dite INCI, est obligatoire sur tous les cosmétiques vendus en Europe, et classée par ordre décroissant de concentration. On y repère « parfum » ou « fragrance », les noms d'huiles essentielles en latin (Lavandula, Citrus, Eucalyptus…) et les conservateurs. Une liste courte est plutôt bon signe. Les mentions « testé sous contrôle pédiatrique » ou « dermatologique » indiquent que des tests ont eu lieu, sans dire sur combien d'enfants ni avec quels résultats : c'est un argument commercial plus qu'une garantie.
Il est aussi utile de vérifier l'âge indiqué. Un produit pour adulte, même doux, n'est pas fait pour un nourrisson, et certains produits « enfant » ne conviennent qu'après trois ans.
En pratique
Choisissez peu de produits, sans parfum, à la liste d'ingrédients courte, et gardez-les tant qu'ils conviennent : changer souvent de marque complique la recherche d'un éventuel coupable en cas de réaction. Testez un nouveau produit sur une petite zone pendant quelques jours avant de l'utiliser partout. Si une rougeur apparaît là où vous appliquez un produit, arrêtez-le et parlez-en au médecin ou au pharmacien. Les lingettes sont pratiques en sortie, mais l'eau et un coton font mieux à la maison, surtout quand les fesses sont irritées.
Sources
- ANSM — Les produits cosmétiques non rincés contenant du phénoxyéthanol ne doivent pas être utilisés sur les fesses des enfants de 3 ans ou moins (2019)
- Société française de dermatologie — Concentration de phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques : information actualisée
- Assurance Maladie (ameli.fr) — Eczéma de contact : causes, symptômes et évolution
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Une erreur ? Signalez-la-nous.
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