Article — Dermatologie

Quand consulter un dermatologue

Entre le refus de consulter pour des rougeurs bénignes et l'inquiétude excessive pour chaque bouton, il y a une voie du milieu. Voici les signes cutanés qui méritent vraiment l'attention d'un dermatologue.

Consultation dermatologique, patient et dermatologue en cabinet moderne

Les vraies urgences de la peau

Elles sont rares, mais ce sont celles qu'il ne faut pas laisser passer. Dans chacun de ces cas, on appelle le 15 (ou le 112).

Des taches rouges ou violacées qui ne s'effacent pas quand on appuie dessus — le test se fait avec un verre transparent — chez quelqu'un qui a de la fièvre, surtout un enfant. Ce purpura fébrile peut révéler une infection grave qui évolue en quelques heures.

Un visage, des lèvres ou une langue qui gonflent, une gêne pour respirer ou avaler, avec ou sans plaques d'urticaire : c'est une réaction allergique sévère.

Une éruption qui s'étend avec de la fièvre, des lésions dans la bouche ou les yeux, une peau qui commence à se décoller. Le risque est maximal dans les semaines qui suivent le début d'un nouveau médicament, et il faut le dire aux secours.

Enfin, une zone de peau très douloureuse qui vire au violet ou au noir et s'étend à vue d'œil, souvent avec un malaise, ainsi que les brûlures étendues ou profondes, et toute brûlure chez un nourrisson.

Consulter dans les 24 à 48 heures

Ici, pas de 15, mais pas question d'attendre le rendez-vous du dermatologue dans trois mois. Le médecin traitant, un centre de soins non programmés ou une téléconsultation font l'affaire.

Une jambe rouge, chaude, gonflée et douloureuse avec de la fièvre fait penser à un érysipèle, qui se soigne par antibiotiques. Une bande de vésicules douloureuses d'un seul côté du corps, c'est souvent un zona : le traitement antiviral marche mieux s'il est commencé tôt, et un zona du front ou de l'œil doit être vu le jour même. Chez l'enfant, des croûtes jaunâtres qui gagnent du terrain autour du nez ou de la bouche évoquent un impétigo, contagieux, qui se traite.

Même délai pour une poussée d'eczéma qui suinte, se couvre de croûtes ou s'accompagne de fièvre (une surinfection est possible), pour des bulles apparues sans raison chez une personne âgée, et pour toute plaie ou ampoule du pied chez une personne diabétique.

Prendre rendez-vous dans les semaines qui suivent

C'est la catégorie la plus fréquente, et celle qu'on a le plus tendance à repousser. Un grain de beauté ou une tache qui change de taille, de forme, de couleur ou de relief, ou une nouvelle tache qui ne ressemble pas aux autres. Un petit bouton ou une « plaie » qui ne cicatrise pas au bout d'un mois, saigne pour un rien ou se recouvre régulièrement d'une croûte. Une bande brune ou noire apparue sur un ongle et qui s'élargit.

Si la lésion grossit vite, même avec un aspect régulier, on raccourcit le délai. Pour le reste, des plaques qui résistent plus de quatre à six semaines aux soins habituels, des démangeaisons tenaces sur une peau qui paraît normale (elles ont parfois une cause interne), une chute de cheveux importante ou en plaques, une acné qui laisse des cicatrices : tout cela mérite un avis, sans urgence mais sans laisser traîner.

Médecin traitant ou dermatologue ?

Pour la plupart des problèmes de peau, on commence par le médecin traitant. Il règle lui-même beaucoup de situations courantes et adresse au dermatologue quand il le faut. Ce passage par lui respecte le parcours de soins coordonnés, dont dépend le remboursement de la consultation chez le spécialiste.

Dans beaucoup de régions, les délais pour voir un dermatologue se comptent en mois. Deux choses aident vraiment quand une lésion est inquiétante. D'abord un courrier du médecin traitant qui explique le motif. Ensuite la télé-expertise : le médecin envoie des photos de la lésion à un dermatologue, qui donne son avis à distance et peut avancer un rendez-vous si nécessaire. Au téléphone avec le secrétariat, décrire précisément ce qui inquiète (« grain de beauté qui a changé depuis deux mois ») fonctionne mieux qu'un simple « contrôle ».

Préparer le rendez-vous

La pièce maîtresse, ce sont les photos datées. Une éruption qui va et vient sera presque toujours invisible le jour J, et deux clichés pris à quelques semaines d'écart montrent mieux qu'un long discours qu'une tache évolue. Notez aussi tous vos médicaments, en particulier ceux commencés récemment, et les crèmes déjà appliquées sur la zone, ainsi que vos antécédents : allergies, maladies de peau, cancer de la peau chez vous ou dans la famille, gros coups de soleil.

Le jour même, venez la peau « nature » : pas de maquillage sur la zone, pas de vernis si un ongle est en cause, pas d'autobronzant si vous venez faire examiner vos grains de beauté. Et écrivez vos questions à l'avance, parce qu'une fois assis dans le cabinet, on en oublie toujours une.

Faut-il faire contrôler sa peau régulièrement ?

Il n'existe pas en France de dépistage organisé du cancer de la peau pour toute la population, comme pour le cancer du sein. La Haute Autorité de Santé mise plutôt sur le diagnostic précoce : repérer les personnes les plus à risque et leur proposer un examen régulier, tout en encourageant chacun à surveiller sa propre peau.

Les personnes concernées sont celles qui ont la peau claire et attrapent facilement des coups de soleil, de nombreux grains de beauté ou des grains de beauté atypiques, un antécédent personnel ou familial de mélanome, ou qui ont subi de gros coups de soleil dans l'enfance. Si vous vous reconnaissez, parlez-en à votre médecin traitant, qui examinera votre peau ou vous orientera. Pour tous les autres, l'autoexamen décrit dans notre article sur les tumeurs cutanées reste le meilleur réflexe.

Sources

  1. Haute Autorité de Santé — Stratégie de diagnostic précoce du mélanome
  2. Santé.fr (Service public d'information en santé) — Mélanome (cancer de la peau)
  3. Assurance Maladie (ameli.fr) — Le zona : reconnaître la maladie
  4. Assurance Maladie (ameli.fr) — Impétigo : consultation, traitement et évolution

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Une erreur ? Signalez-la-nous.

Produit recommandé — Amazon
Garnier Ambre Solaire SPF50+ Lait Corps 175ml
Garnier Ambre Solaire SPF50+ Lait Corps 175ml

Lait solaire SPF 50+ pour le corps. La protection solaire reste la première mesure de prévention des cancers de la peau.

Voir sur Amazon →
Lien affilié Amazon — commission perçue sans surcoût pour vous.
← Infections cutanées Suivant : Retour à Dermatologie →