Trois couches, une seule peau
La peau n'est pas uniforme. Elle se compose de trois couches superposées, chacune avec une architecture et une fonction distinctes. Comprendre cette structure permet de mieux choisir ses soins — et de comprendre pourquoi certains produits pénètrent mieux que d'autres.
L'épiderme — ce qu'on voit et ce qui nous protège
C'est la couche la plus superficielle, celle qu'on touche. Elle est formée de kératinocytes empilés en plusieurs strates, comparables à des briques liées par un ciment lipidique. Les couches les plus externes — le stratum corneum — sont des cellules mortes qui desquament silencieusement, en permanence. Cette fine pellicule, à peine plus épaisse qu'une feuille de papier, est notre première ligne de défense contre le monde extérieur.
Deux types de cellules méritent qu'on s'y attarde. Les mélanocytes d'abord, responsables de la couleur de la peau et du bronzage — ils synthétisent la mélanine qui filtre une partie des rayons UV. Les cellules de Langerhans ensuite, véritables sentinelles immunitaires qui repèrent et neutralisent les agents infectieux avant qu'ils ne pénètrent plus profond.
L'épiderme se renouvelle entièrement en 3 à 4 semaines chez un adulte jeune. Ce cycle ralentit avec l'âge — ce qui explique en partie le teint moins lumineux et la peau plus épaisse qui apparaissent avec les années.
Les cosmétiques hydratants n'agissent que sur l'épiderme — et plus précisément sur ses couches superficielles. L'eau du derme n'est pas accessible aux crèmes. C'est pour ça que la formulation d'un hydratant, et notamment sa capacité à fixer l'eau en surface, est si importante.
Le derme — la charpente élastique
Sous l'épiderme, le derme est bien plus épais et bien plus actif qu'on ne l'imagine. C'est là que se fabriquent le collagène et l'élastine — deux protéines qui donnent à la peau sa fermeté et sa capacité à reprendre sa forme après étirement. Les fibroblastes, cellules spécialisées du derme, en assurent la production continue... jusqu'à ce que l'âge et le soleil ralentissent leur travail.
Le derme est aussi une zone d'échange intense. Les vaisseaux sanguins y amènent oxygène et nutriments — ils ne pénètrent pas dans l'épiderme, qui dépend donc entièrement du derme pour se nourrir. Les glandes sébacées, les follicules pileux et les terminaisons nerveuses y prennent également racine.
Fait moins connu : 70 % de l'eau contenue dans la peau réside dans le derme. Soit environ 7 à 8 kg de notre poids corporel. Une donnée qui explique pourquoi une déshydratation générale de l'organisme se voit d'abord... sur la peau.
L'hypoderme — l'amortisseur profond
Plus profond encore, l'hypoderme est composé d'adipocytes — des cellules graisseuses — organisées en lobules. Son épaisseur varie considérablement selon les zones du corps et les individus. Il joue un triple rôle : amortisseur mécanique (protection des os, articulations et organes), isolant thermique contre le froid, et réserve énergétique de l'organisme.
C'est aussi l'hypoderme qui donne les formes du corps — et dont la modification progressive avec l'âge explique en partie les changements de silhouette observés au fil des décennies.
Les glandes de la peau
Les glandes sébacées
Toujours associées à un follicule pileux, les glandes sébacées sécrètent le sébum — un film lipidique protecteur qui recouvre la surface de la peau. Ce film est indispensable : il limite l'évaporation de l'eau et lutte contre les micro-organismes pathogènes. Sans lui, la peau se dessèche rapidement et devient vulnérable.
La production de sébum est sous contrôle hormonal. Elle est maximale à l'adolescence sous l'effet des androgènes, puis se stabilise et décroît progressivement avec l'âge. Sur le visage, le flux de sébum suit aussi un rythme journalier avec un pic en fin de matinée — ce qui explique pourquoi les peaux grasses "brillent" davantage à cette heure-là.
Les glandes sudorales
Les glandes sudorales ont pour mission principale la thermorégulation. En sécrétant de la sueur qui s'évapore en surface, elles permettent à l'organisme de maintenir sa température interne stable. La sueur est composée à 99 % d'eau — et seulement de traces d'urée et de sel. Elle est donc beaucoup moins "sale" qu'on ne le croit ; c'est surtout son contact prolongé avec les bactéries cutanées qui génère les odeurs.
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