Article — Traitements médicaux

La dermabrasion

La dermabrasion utilise des instruments abrasifs pour polir mécaniquement les couches superficielles de la peau. Une technique physique qui complète ou remplace le peeling chimique selon les indications.

Soin de microdermabrasion professionnel en cabinet dermatologique

Poncer la peau, au sens propre

Le principe n'a rien de mystérieux. Sous anesthésie, le médecin passe sur la peau une petite meule ou une brosse métallique qui tourne à grande vitesse, et retire l'épiderme ainsi que la partie superficielle du derme. Il s'arrête à une profondeur choisie, souvent repérée au saignement fin qui apparaît. La peau se reconstruit ensuite à partir de ce qui reste en dessous, plus lisse et plus homogène qu'avant.

C'est l'une des plus anciennes techniques de « resurfaçage », avec le peeling chimique. Elle reste un acte médical à part entière, réalisé par un dermatologue ou un chirurgien plasticien, à ne pas confondre avec la microdermabrasion proposée en institut, dont nous parlons plus bas.

Ce qu'elle peut corriger

Son terrain de prédilection, ce sont les cicatrices : surtout les cicatrices d'acné en creux, mais aussi certaines cicatrices de varicelle, d'accident ou de chirurgie, dont elle adoucit les reliefs. Elle a également été beaucoup utilisée pour les ridules verticales autour de la bouche, celles qu'on appelle parfois « code-barres », et sur des peaux très abîmées par le soleil.

Elle ne fait pas tout. Les cicatrices très profondes et étroites, en « pic à glace », répondent mal à un ponçage qui agit sur toute la surface : elles demandent souvent d'autres gestes, comme une petite excision, avant ou à la place. Et la dermabrasion n'a aucun effet sur le relâchement de la peau.

Le jour J et les semaines suivantes

Selon la surface à traiter, l'intervention se fait sous anesthésie locale, parfois avec une sédation, ou sous anesthésie générale. À la sortie, la zone ressemble à une grosse écorchure : elle suinte, puis se couvre de croûtes pendant une dizaine de jours, sous des pansements ou une crème grasse prescrite par le médecin. La plupart des gens ne retournent pas travailler pendant cette période.

Une fois les croûtes tombées, la peau neuve est rose vif, et cette rougeur peut durer plusieurs semaines, parfois quelques mois. Elle se maquille assez vite, mais elle est extrêmement sensible au soleil : une protection stricte est indispensable pendant de longs mois, faute de quoi des taches brunes risquent de s'installer. Le résultat définitif s'apprécie à distance, une fois la peau stabilisée.

Les risques

Les complications ne sont pas fréquentes entre des mains expérimentées, mais il faut les connaître. Une infection est possible sur cette peau à vif. Chez les personnes qui font des boutons de fièvre, l'acte peut réveiller un herpès étendu, ce qui justifie souvent un traitement antiviral préventif. Le risque le plus courant concerne la pigmentation : taches brunes ou zones plus claires, plus fréquentes sur les peaux mates et foncées. Plus rarement, la cicatrisation peut être épaisse, voire chéloïde chez les personnes prédisposées.

Quelques situations font différer ou écarter l'acte. C'est le cas d'un traitement récent par isotrétinoïne contre l'acné (les praticiens demandent en général d'attendre plusieurs mois), d'un antécédent de cicatrices chéloïdes, d'un herpès en poussée, ou d'une acné encore active. Il vaut mieux traiter l'acné d'abord, et les cicatrices ensuite.

Pourquoi on la pratique moins

Les lasers de resurfaçage, et surtout les lasers fractionnés qui ne traitent la peau que par microcolonnes en laissant intact le tissu entre elles, ont pris une grande partie de sa place. Ils permettent de doser plus finement la profondeur, et la récupération est souvent plus rapide. La dermabrasion garde des adeptes, notamment pour certaines cicatrices bien localisées, et elle reste moins coûteuse en équipement. Dans les faits, le choix dépend surtout du type de cicatrice, de la couleur de peau et de l'expérience du praticien avec chaque technique. Pour les cicatrices d'acné, les Manuels MSD citent d'ailleurs côte à côte peelings, lasers, dermabrasion et microneedling, que les praticiens combinent volontiers.

La microdermabrasion, autre chose

Le nom prête à confusion. La microdermabrasion projette de fins cristaux sur la peau, ou la polit avec un embout diamanté, et aspire en même temps les cellules mortes. Elle ne touche que la couche la plus superficielle de l'épiderme, sans anesthésie, et on peut se maquiller juste après. On la trouve en institut comme en cabinet.

Les effets sont à la mesure de l'intensité : un teint plus net, une peau un peu plus douce au toucher, pendant quelques jours ou semaines. Sur de vraies cicatrices ou des rides installées, ses résultats sont minimes. C'est un soin d'entretien agréable, pas une alternative à la dermabrasion médicale, et il vaut mieux le savoir avant de payer un forfait de dix séances.

Sources

  1. Manuels MSD (grand public) — Acné : traitement des cicatrices
  2. ARS Centre-Val de Loire — Pratiques esthétiques illégales : alertez l'ARS

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis d'un médecin. Une erreur ? Signalez-la-nous.

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